Modification des épreuves du concours de chargé·e d’études documentaires du ministère de la Culture.

L’arrêté du 14 avril 2026 modifiant l’arrêté du 8 novembre 1999 fixant les modalités d’organisation des concours de recrutement pour l’accès au corps des chargés d’études documentaires des ministères chargés de la culture et de l’éducation nationale a été publié au JO.

CONCOURS EXTERNE

Admissibilité : 1 seule épreuve

Épreuve écrite, commune aux trois options, consistant en une composition écrite sur un sujet relatif à l’actualité du ministère de la culture, à l’organisation du ministère de la culture et au patrimoine. Cette épreuve vise à vérifier les qualités rédactionnelles des candidats, leur capacité d’analyse et de synthèse ainsi que leur connaissance des missions dévolues au corps de chargés d’études documentaires. Le programme de cette épreuve figure en annexe I du présent arrêté. Pour cette épreuve, le candidat s’appuie sur un dossier documentaire qui ne peut excéder 30 pages. Durée : quatre heures ; coefficient 3

Admission : 3 épreuves

  • Entretien avec le jury visant à évaluer les compétences et connaissances du candidat, ses capacités de réflexions, sa motivation et son potentiel à exercer les fonctions dévolues au corps de chargés d’études documentaires. L’entretien débute par une présentation, d’une durée de cinq minutes au plus, par le candidat de son parcours et de sa motivation. Pour conduire cet entretien, le jury dispose de la fiche de renseignements du candidat. Le candidat peut être interrogé sur le programme figurant en annexe I du présent arrêté.
  • Épreuve orale de traitement d’un sujet à partir de plusieurs documents, par option au choix du candidat lors de l’inscription, portant sur la théorie ou la pratique : a) Documentaire ; b) Archivistique ; c) De gestion de mouvements de collections; Cette épreuve débute par une présentation du sujet par le candidat, d’une durée de dix minutes au plus, et se poursuit par un échange avec le jury. Le dossier documentaire ne peut excéder 20 pages. Durée totale : une heure dont trente minutes de préparation ; coefficient 3.
  • Épreuve en langue anglaise, consistant en un exposé de dix minutes au plus à partir d’un texte tiré au sort et portant sur un sujet d’ordre général, suivi d’un entretien avec l’examinateur. L’exposé et l’entretien se déroulent en langue anglaise. Cette épreuve est destinée à vérifier que les candidats sont capables de comprendre un texte au vocabulaire courant et qu’ils maîtrisent suffisamment la langue anglaise pour soutenir une conversation d’ordre général. Durée totale : quarante minutes dont vingt minutes de préparation, coefficient 1.

CONCOURS INTERNE

Admissibilité : 1 seule épreuve

Épreuve écrite, commune aux trois options, consistant en une composition écrite sur un sujet relatif à l’actualité du ministère de la culture, à l’organisation du ministère de la culture et au patrimoine. Cette épreuve vise à vérifier les qualités rédactionnelles des candidats, leur capacité d’analyse et de synthèse ainsi que leur connaissance des missions dévolues au corps de chargés d’études documentaires. Le programme de cette épreuve figure en annexe I du présent arrêté. Pour cette épreuve, le candidat s’appuie sur un dossier documentaire qui ne peut excéder 30 pages. Durée : quatre heures ; coefficient 3

Admission : 3 épreuves

  • Entretien avec le jury visant à évaluer les compétences et connaissances du candidat, ses capacités de réflexions, sa motivation et son potentiel à exercer les fonctions dévolues aux corps de chargés d’études documentaires, éventuellement sous forme de mise en situation. L’entretien débute par une présentation, d’une durée de dix minutes au plus, par le candidat de son expérience professionnelle et de sa motivation. Pour conduire cet entretien, le jury dispose du dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle du candidat. Le candidat peut être interrogé sur le programme figurant en annexe I du présent arrêté. En vue de cette épreuve, le candidat adresse son dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (…) Seul l’entretien avec le jury donne lieu à notation. Durée : trente minutes ; coefficient 4.
  • Épreuve orale de traitement d’un sujet à partir de plusieurs documents, par option au choix du candidat lors de l’inscription, portant sur la théorie ou la pratique : a) Documentaire ; b) Archivistique ; c) De gestion de mouvements de collections; Cette épreuve débute par une présentation du sujet par le candidat, d’une durée de dix minutes au plus, et se poursuit par un échange avec le jury. Le dossier documentaire ne peut excéder 20 pages. Durée totale : une heure dont trente minutes de préparation ; coefficient 3.
  • Épreuve en langue anglaise, consistant en un exposé de dix minutes au plus à partir d’un texte tiré au sort et portant sur un sujet d’ordre général, suivi d’un entretien avec l’examinateur. L’exposé et l’entretien se déroulent en langue anglaise. Cette épreuve est destinée à vérifier que les candidats sont capables de comprendre un texte au vocabulaire courant et qu’ils maîtrisent suffisamment la langue anglaise pour soutenir une conversation d’ordre général. Durée totale : quarante minutes dont vingt minutes de préparation, coefficient 1.

Déontologie : un fil conducteur commun aux bibliothèques, archives, musées, et aux métiers de l’info-doc

En décembre 2025, l’IGÉSR a publié un rapport intitulé « Éthique et déontologie des métiers des bibliothèques » . Il part d’un constat assez simple : sur le terrain, les bibliothécaires se retrouvent régulièrement face à des situations qui posent problème (pressions, censures, demandes problématiques, partenariats ambigus, gestion des données, intégrité des collections patrimoniales…), sans avoir toujours un cadre simple et clairement identifié auquel se référer.

Et si le rapport porte sur les bibliothèques, les dilemmes décrits ne sont pas réservés à ces métiers. Dans les archives, les musées, et plus largement l’info-doc, on retrouve les mêmes questions : accès vs confidentialité, neutralité vs engagement, service public vs injonctions, conservation vs communication, intérêt général vs pressions particulières, etc.

Déontologie vs éthique : deux notions proches

Le rapport insiste sur une distinction utile, justement parce qu’elle est souvent floue :

  • « Les notions de déontologie et d’éthique sont mal identifiées dans le monde des bibliothèques » (page 7).
  • « C’est dans les cas où l’éthique personnelle ou professionnelle du bibliothécaire vient en opposition avec ses obligations déontologiques – en particulier, obéissance, neutralité ou impartialité – que peut naître une situation de malaise, de nature à susciter des questionnements sur la conduite à tenir et à induire des choix, conscients ou non, de comportements non conformes à la déontologie, voire à la loi, au nom d’un principe supérieur issu de convictions fortes » (page 25).

La déontologie, c’est l’ensemble des devoirs liés à l’exercice d’un métier / d’une fonction. Dans la fonction publique, ces devoirs sont largement objectivés : ils s’adossent à des règles, à des obligations, à un cadre (et pas seulement à des valeurs).

L’éthique renvoie davantage à un système de valeurs : ce que je considère juste, ce que je privilégie, ce que j’estime souhaitable au regard d’un idéal (justice, émancipation, inclusion, liberté, etc.). Elle peut être personnelle, ou collective (culture d’établissement, orientations d’un service), mais elle ne se confond pas avec un cadre officiel opposable.

NB : en anglais toutefois la distinction n’est pas la même. En anglais, deontology renvoie d’abord à la philosophie morale, Pour la déontologie professionnelle (au sens français), l’anglais dit plutôt (il me semble) professional ethics / code of ethics.

Des codes existent déjà

Dans nos métiers, il existe déjà des codes et chartes (associatifs, institutionnels, internationaux) – voir une liste en fin d’article.

Un code de déontologie sert de cadre quand la situation professionnelle devient inconfortable : Il donne des repères communs ; il protège : face à une pression (tutelle, public, partenaire, prestataire), il définit les principes qui guident le service, le métier ; il stabilise les pratiques, surtout dans des équipes où se côtoient des statuts variés (fonctionnaires, contractuels, bénévoles), ce que le rapport de l’Igesr souligne explicitement.

Ce que dit le rapport IGÉSR

Le constat de départ porte sur la méconnaissance des dispositifs déjà existants dans la fonction publique d’une part, et d’autre part la confusion entre les notions d’éthique et de déontologie, ce qui laisse des équipes parfois démunies quand surviennent des situations à risque. C’est un point clé du rapport : beaucoup de questions rencontrées dans les bibliothèques relèvent déjà du cadre général (obligations des agents publics, prévention des conflits d’intérêts, etc.). Le problème n’est donc pas l’absence totale de règles : c’est leur appropriation et leur traduction dans les situations concrètes du métier.

Le rapport ajoute deux précisions importantes : les contractuels doivent être sensibilisés tôt, dès la prise de poste ; les bénévoles ne sont pas hors cadre : il faut expliciter un minimum de déontologie dans les conventions et l’encadrement.

Le rapport propose ensuite une lecture par cartographie des risques très intéressante (p 25 à 40) :

  • Pluralisme, pressions et censures : ne pas laisser ses convictions piloter les choix, et éviter la « pré-censure » par anticipation des réactions.
  • Patrimoine : pour les bibliothèques patrimoniales, la dimension déontologique est renforcée : responsabilité sur l’intégrité des fonds, sur les acquisitions, sur les prêts pour exposition… Le rapport propose même de solenniser la prise de responsabilité via un état des fonds signé.
  • Posture professionnelle : le rapport aborde des situations telles que le rapport aux tutelles, la communication et les réseaux sociaux, les relations aux prestataires (avec le sujet récurrent des conflits d’intérêts).

La proposition centrale : un texte officiel + une méthode d’appropriation

Le rapport ne préconise pas juste la rédaction d’un code (qui viendrait se surajouter à ce qui existe) mais plutôt :

  • De cartographier les risques dans chaque établissement et de partir de cas réels.
  • D’élaborer un texte officiel (plutôt un arrêté ou une circulaire) complété par un vade-mecum.
  • De déployer une stratégie de formation.
  • Et de rendre réellement opérants les référents déontologues, aujourd’hui trop peu connus des bibliothèques.

Cette synthèse reste forcément partielle : la richesse des constats, la diversité des situations analysées et la densité des propositions formulées par le rapport IGÉSR rendent difficile d’en donner une vue d’ensemble sans en perdre la nuance et la portée opérationnelle.

Tous les métiers de l’info-doc sont concernés

Même si le cadre juridique, les statuts et les missions ne se superposent pas exactement entre bibliothèques, archives, musées et documentation, la question déontologique s’y pose partout pour une raison simple : ces métiers partagent un même cœur d’activité — gérer des informations, des documents et des collections au service d’autrui, en arbitrant en permanence entre accès, protection, intégrité et responsabilité.

Les formes varient (données personnelles et droit d’accès en archives, intégrité scientifique et publication en documentation, provenance et conflits d’intérêts en musée, pluralisme et service au public en bibliothèque), mais on retrouve les mêmes tensions de fond : pressions externes, risques de censure, relations aux tutelles et partenaires, confidentialité, traçabilité des décisions, et devoirs liés au service public ou à la confiance accordée par les usagers.

C’est précisément pour cela qu’un travail comme celui de l’IGÉSR, même centré sur les bibliothèques, offre un cadre de lecture utile à l’ensemble de l’info-doc, des archives et des musées : il aide à nommer les risques, à outiller les équipes, et à passer de l’intuition morale à des repères professionnels partageables.

Codes et textes de référence (liste non exhaustive)

Culture et territoires : repenser les contrats pour plus d’impact local

Depuis plus de 60 ans, l’État et les collectivités territoriales coopèrent pour faire vivre la culture sur tous les territoires. Ce sont des partenariats entre l’État (via le ministère de la Culture) et les collectivités territoriales pour développer des projets culturels adaptés aux territoires qui prennent la forme de contrats ou de conventions.

Pour en dresser un état des lieux et mieux comprendre les enjeux à venir, voici une synthèse basée sur deux documents :

Le rapport de l’IGAC rappelle que les contrats culturels sont au cœur d’un modèle de gouvernance partagée : l’État n’agit pas seul, il construit avec les territoires des projets sur mesure. Mais cette politique souffre de trop de complexité, de lourdeur et d’un manque de lisibilité.

Parmi les principaux outils de cette contractualisation, on retrouve :

Contrat / DispositifObjectif principal
CLEA / CLEAC / CTEACPromouvoir l’éducation artistique et culturelle pour tous
CTL / CDL / CDLIStructurer les réseaux de lecture publique
CDC / PCTSoutenir un développement culturel équilibré et cohérent sur un territoire
Résidences artistiquesInscrire les artistes dans une dynamique locale et participative

Ces dispositifs, synthétisés dans le tableau des Contrats territoriaux, sont évalués à la lumière de leur mise en œuvre concrète.

Le rapport IGAC et la typologie des contrats sont deux documents complémentaires pour mieux comprendre les contrats culturels territoriaux. Tandis que le premier apporte analyse, évaluation et recommandations, le tableau a pour objectif de donner une vision opérationnelle des contrats mobilisables par les collectivités.

Plusieurs points de convergence apparaissent :

  • Des contrats utiles : ils facilitent le dialogue local, structurent des projets, ciblent des publics prioritaires (ruralité, quartiers, jeunesse…).
  • Des démarches souvent trop cloisonnées : les contrats sont souvent sectoriels (lecture, EAC…), rarement transversaux.
  • Un besoin de simplification : trop de types de contrats, des noms différents, des durées et des modalités variables.
  • Une difficulté à assurer le pilotage et le suivi de ces contrats tant au niveau central qu’en DRAC.

L’IGAC recommande une refonte ambitieuse et formule 11 recommandations, parmi lesquelles :

  • Élaborer une stratégie nationale de contractualisation, claire, transversale et coconstruite.
  • Créer un contrat unique adaptable aux besoins des territoires.
  • Simplifier la gestion budgétaire et améliorer le suivi des crédits.
  • Améliorer le pilotage et le suivi des contrats au niveau central et régional.
  • Développer une culture de l’évaluation partagée entre l’administration centrale et les DRAC.

L’enjeu est de passer d’une logique de juxtaposition de dispositifs à une vision globale de la politique culturelle territoriale ; ceci afin qu’elle soit plus lisible et plus cohérente.

Budgets et choix culturels des collectivités, baromètre 2023

En octobre dernier l’Observatoire des politiques culturelles a publié une grande enquête nationale sur les budgets et choix culturels des collectivités en 2023. Ce baromètre aborde l’évolution des dépenses culturelles des collectivités territoriales et intercommunalités en 2023 dans un contexte budgétaire contraint. Il s’agit d’une enquête annuelle menée auprès d’un échantillon de collectivités territoriales pour mesurer l’évolution de l’action publique territoriale de la culture.

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